Mot du Grand-Prieur du GPRF

Le blason d’un Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte a une signification aussi profonde que particulière : il se trouve être le cœur, l’image du centre de son être. A travers les couleurs, les tracés et les figures que le Chevalier choisit, il exprime l’indicible, il récapitule et contient l’essence de la personne humaine.

Si nous devions résumer ce qu’est le blason du Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, nous l’exprimerions par cette simple définition :

Le véritable blason est l’image obtenue par la diffraction de la Lumière Une et Unique à travers le filtre de l’âme.

Tel un vitrail, il est donc une fenêtre de pure lumière, ouverte sur un monde d’intériorité.

La réelle puissance d’évocation d’un blason est telle que : d’une part, nul ne peut parler des armes sans conscience ; les armes d’un chevalier sont à l’œuvre au quotidien, c’est pourquoi toute erreur en ce domaine est fatale. D’autre part, nul ne peut s’approprier les armes d’un autre sans s’exposer aux dangers de la perte d’identité.

Le blason est, en somme, la vérité de l’Etre.

Révélant ce qui est au-delà du mot et de la forme, le blason d’un chevalier exprime et récapitule l’intimité de son être, sa nature essentielle, ses dispositions personnelles et son projet de vie pour les temps à venir.

Un candidat à l’armement ne peut aborder son blason sans parallèlement découvrir son Nom et sa Devise. Cette quête du Nom est un autre aspect de la découverte ou de l’expression de sa propre vocation.

Quant à la devise, dernier aspect formulé de l’identité spirituelle du chevalier, elle est l’expression de sa loi jusqu’à la fin de ses jours.

C’est par l’harmonie existant entre ces trois expressions de lui-même que le Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte exprime l’intégralité de son Etre dans l’Ordre de Chevalerie.

L' »héraldique maçonnique », aujourd’hui encore embryonnaire et c’est grand dommage, constitue quoi qu’il en soit une science auxiliaire de l’histoire. Etudier les tableaux armoriés de la Stricte Observance ou de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, c’est en effet le moyen d’en apprendre davantage sur qui étaient nos pairs. D’abord sur leurs identités civiles, ensuite sur leurs dignités et charges au sein de l’Ordre, enfin et surtout sur l’image « essentielle » qu’ils s’attribuaient à travers leurs identités d’ordre.

Remercions Thomas de la Sore d’avoir pu enregistrer dans cet Armorial les blasons, devises et noms d’ordre des tout premiers Chevaliers de notre Régime. C’est au final une riche et intéressante compilation d’emblèmes identitaires véritables, uniques et éternels. Des modèles du passé, légués comme exemples pour les générations futures. Ainsi, cet ouvrage sera sans nul doute utile tant aux passionnés de l’histoire de notre Ordre, qu’aux Ecuyers-Novices appelés à travailler sur leur identité d’ordre.

Eques a Triumphante Agno
Grand Maître National & Grand Prieur du Grand Prieuré Rectifié de France